Mali : l’opposant fakaba sissoko critique le bilan de la transition lors de la fête de l’indépendance

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Chaque 22 septembre, le Mali célèbre une nouvelle année d’indépendance. En 2026, le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir depuis plus de six ans, a marqué l’événement par un discours télévisé. Il y a salué la résilience économique du pays, réaffirmé son engagement contre les groupes armés terroristes et appelé à l’unité nationale entre Maliens.

Le président de transition a également mis en avant les avancées du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment en matière de souveraineté. Une position qui s’appuie sur le soutien de l’Africa Corps, les forces russes déployées dans la région. Pourtant, ces déclarations n’ont pas convaincu l’opposition malienne, dont les voix restent étouffées sur place.

Parmi ceux qui osent s’exprimer depuis l’étranger, Etienne Fakaba Sissoko, porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR) dirigée par l’imam Dicko, a vivement réagi. Dans un entretien exclusif, il a pointé du doigt le décalage entre les promesses du régime et la réalité vécue par les citoyens.

Un bilan politique et sécuritaire décrié

Fakaba Sissoko a souligné que le discours d’Assimi Goïta avait injustement associé le 66e anniversaire de l’indépendance au prétendu succès de la transition. Pour lui, il est possible de défendre la souveraineté nationale tout en exigeant des comptes sur la gestion du pouvoir :

« On peut aimer profondément le Mali, soutenir nos soldats et défendre notre souveraineté, tout en réclamant des comptes à ceux qui ont accaparé le pouvoir. Les Maliens attendent des résultats concrets : sécurité au quotidien, accès à l’électricité, liberté d’expression et perspectives politiques tangibles. »

L’opposant n’a pas épargné non plus le partenariat controversé avec la Russie. Il a qualifié de « aveu d’échec » l’absence de mention des militaires russes dans le discours présidentiel, rappelant les récents revers militaires subis par l’armée malienne. Il a notamment fait référence à l’attaque de Dioura, où plus d’une centaine de soldats maliens ont été tués et des dizaines capturés par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda.

Un pays en crise profonde

Dans une déclaration empreinte d’amertume, Fakaba Sissoko a dressé un constat accablant de la situation malienne :

« Aujourd’hui, le Mali est en deuil. L’état de délabrement du pays a atteint un niveau sans précédent dans notre histoire. Je ne peux pas célébrer cette fête en tant qu’homme libre. La situation actuelle est une honte pour ceux qui prétendent nous gouverner. »

Son analyse reflète le mécontentement croissant d’une partie de la population et de la diaspora, qui questionnent la légitimité d’un pouvoir maintenu sans élections démocratiques depuis plus de six ans. Les mouvements d’opposition en exil, comme la CFR, tentent de fédérer une contestation qui peine à s’organiser sur le terrain.

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